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Madagascar: les exportateurs de vanille discutent d’une stratégie commune de commercialisation

À Madagascar, nouvelle réunion entre les exportateurs de vanille pour tenter d’endiguer la crise dans laquelle s’enlise la filière. Quelque 620 tonnes de la précieuse gousse noire malgache ont été vendues sur les marchés internationaux, depuis octobre. C’est trois fois moins que l’an dernier, à la même date. Sur l’île, planteurs, collecteurs et exportateurs se retrouvent avec des stocks de vanille sur les bras et une immense incertitude : arriveront-ils à vendre ? 

Avec notre correspondante à Antananarivo, Sarah Tétaud

Les exportateurs se sont réunis, lundi 27 mars, plus de huit heures à huis clos, pour discuter d’une stratégie commune de commercialisation.

« La structure actuelle de notre filière ne fonctionne plus », explique, tel un aveu, un exportateur de vanille. « La politique s’est complètement immiscée dans la vanille et les pressions sur la filière sont d’autant plus grandes en cette période pré-électorale », confie un autre.

Un sentiment partagé par plusieurs opérateurs, inquiets, qui ont donc répondu présent, lundi, à l’appel du ministre de l’Industrie et du Commerce, Edgard Razafindravahy : « Vous savez, il y a quand même une crise d’achat local, mais il y a aussi une crise d’achat sur le plan international. Donc moi, j’ai convoqué les exportateurs pour qu’ils s’entendent sur les solutions pérennes pour gérer l’avenir de la filière vanille. »

Résultat : une soixantaine d’exportateurs ou leurs représentants (sur les 70 agréés) ont débattu toute la journée autour de trois options, relate Ykbal Hiridjee, administrateur de la société exportatrice Trimeta : « Soit le statut quo, soit une libéralisation sauvage, soit une nouvelle forme de structure commerciale à étudier et analyser avec les acheteurs évidemment, comme de véritables partenaires qui pourraient nous faire part, par exemple, de la date à laquelle ils souhaitent que l’on ferme la campagne parce que les enjeux sont importants. Il faut maintenant qu’on décide et que tout le monde s’exprime, sans qu’il y ait de pression quelconque sur leur choix, dans un délai très, très court. »

D’après plusieurs exportateurs interrogés, ce serait cette troisième option qui pourrait faire consensus. Le prix fixé à 250 dollars le kilogramme par le gouvernement, en accord avec le comité national de la vanille, ne bougerait pas. En revanche, il pourrait être demandé aux acheteurs internationaux de se regrouper en consortium pour acheter la vanille. Une attribution d’agréments et une obligation d’annoncer les objectifs d’achat sont d’autres pistes envisagées.

Les exportateurs ont décidé de se réunir à nouveau le 3 avril prochain pour prendre, cette fois, une décision définitive, annoncent-ils.

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